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L’Annonciation

Édifice
Chapelle de l'Enfant Jésus
Annonciation

Cette toile représente l'épisode de l'Annonciation évoqué dans l'Évangile de Saint Luc (1, 26-38) relatant la visite faite par l’archange Gabriel à Marie pour lui annoncer qu’elle serait mère. Il s’agit en fait d’un dialogue entre deux personnages qui débute par la salutation de l’ange Gabriel à Marie et s’achève par l’acquiescement de cette dernière à la volonté de Dieu.
Notre tableau se présente comme une bande dessinée à la différence prés que les paroles ne sont pas inscrites dans une bulle mais figurent en lettres d’or sur deux lignes, une première horizontale de gauche à droite partant de la bouche de l’ange en direction de la Vierge sur laquelle figure les paroles de salutation et une seconde oblique de droite à gauche en écriture inversée, portant les paroles de Marie s’adressant directement à Dieu qui apparaît dans les cieux, pour lui dire qu’elle est sa servante.
Curieusement les paroles de Marie semblent emprunter à l’envers la trajectoire laissée par la colombe symbolisant la descente du Saint Esprit procédant du Père. Ce jeu de miroir est également utilisé entre deux livres, un premier grand-ouvert dans la main de Dieu le Père, un second plus petit entrouvert prés de la Vierge Marie. Tous deux sont à l’évidence une allusion à la prophétie d’Isaïe annonçant la venue du Messie. Dieu l’inspire au prophète, Marie la lit et la médite.
Autre jeu bipolaire, le ciel et la terre, à gauche le monde spirituel avec tout en haut dans l’angle de la composition Dieu au milieu des anges, plus bas l’archange en lévitation, ne touchant pas le sol, les pieds reposant sur un nuage, qui s’interdit de pénétrer dans la maison de Marie, seules ses paroles en franchissent le seuil montrant que la Parole de Dieu met en communication le monde divin avec le monde humain. A droite le monde matériel, la chambre de Marie située dans une ville de Galilée appelée Nazareth, elle est représentée comme un monde clos et ordonné symbolisant la virginité et la pureté qui est le lieu où Marie lit et médite la parole de Dieu symbolisée par le livre. On voit dans cette chambre dépouillée comme dans la plupart des Annonciations une tige de lys blanc disposée dans un vase évoquant l’amour pur et virginal. Du fiat de Marie répondant au souffle de l’Esprit naîtra la Rédempteur de l’humanité «Sa réponse, entre deux souffles, de son innocence forge notre sacrement ! Dans son corps blanc Dieu devient notre pain» (Thomas Merton)

Le 5 mai 2024, le tableau de l’Annonciation reprenait sa place dans l’église Saint Pierre après restauration, mais au lieu d’être raccroché dans la chapelle Saint Vincent, il fut fixé sur le mur est de la chapelle de l’Enfant Jésus de manière à s’intégrer dans le parcours spirituel et
catéchétique arrêté en 2016 qui conduit vers la chapelle de la Vierge.
La restauration a permis de faire une découverte de la plus grande importance ; en effet, alors que le tableau est considéré comme datant du XIXe siècle dans le très officiel recollement effectué par la DRAC, son nettoyage et surtout l’enlèvement de repeints réalisés à la fin du XVIIIe ont permis de mettre au jour une couche picturale qui pourrait remonter à la fin du XVIe. siècle.

Deux critères militent en faveur de cette hypothèse. Le premier est d'ordre stylistique, à savoir la reprise à l’identique des canons italiens du XVe. Le second est d'ordre technique ; il concerne l’utilisation de couleurs translucides colorées très employées à cette époque.
Pour toutes ces raisons, la restauratrice conclut son étude en écrivant
« qu’il est raisonnable de penser que nous sommes face à une œuvre
du XVIe siècle » époque à laquelle beaucoup d’artistes aimèrent illustrer ce récit de l'Évangile de Saint Luc.
Il y a lieu de noter que le coût de cette restauration (de 12000 €) a été intégralement pris en charge par l'association des Amis de l'Église Saint-Pierre.